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28 novembre 2008

"LA VILLE" UN TAPIS NOUE DE RIJ-ROUSSEAU

 

 

 Titre de l'oeuvre - title : “La ville” (the town) Cartonnier, artiste - artist-designer: Rij-Rousseau tisserand / workshop: Rij-Rousseau, atelier personnel (personal workshop) technique - technique : tapis noué (knotted rug) dimensions - size: 125 cm (H) x106 cm (L) materiaux - materials : laine source - source: galerie Berdj Achdjian

 commentaires:

  • En contemplant ce tapis, à l'endroit et à l'envers, il m' est apparu combien ce tapis différait des autres oeuvres de la même période. Ce tapis possèdait une âme, une vibration, une énergie, différente des autres tapis de la même époque.
  • Le fait que l'artiste qui avait conçu le carton, avait aussi fabriqué de ses mains ce tapis, m'apparu rapidement. Cela conférait à cette pièce une sensibilité, une vie, des détails que les autres tapis fabriqués d'après un carton même d'un artiste supérieur, tels les tapis de Fernand Léger ou de Lurcat, ne possédaient pas, et pourtant un tapis de Fernand Léger ou de Lurcat édité par Myrbor, ce n'est pas rien; toutefois, ils manquaient d'âme, comparés à ce tapis.
  • Le tapis est un art d'édition et celui ou celle qui tisse a une grande importance.
  • Il est faux de dire comme certains experts de l'Art Déco dont je tairai les noms qu'un tapis du 20 ème siècle ou de l'époque de l'Art Déco, n'a pas besoin d'avoir de qualité de tissage. Qu'il soit authentique, c'est tout ce que ces experts demandent au tapis.
  • En fait, pour eux, un tapis n'est que la réalisation d'un carton. Ce qu'ils oublient c'est que, déjà, en 1924-1925, Ruhlmann se faisait copier, certains diront voler, ses cartons par Monsieur Leleu. Graphiquement, rien ne ressemble plus à certains tapis de Ruhlmann que certains autres tapis de la même époque 1924-1925 de Leleu.
  • Pourtant, pour moi cela n'a rien à voir. Le tissage d'un atelier performant avec lequel Rulhmann travaillait, sélectionnait des laines qui n'avaient pas grand-chose à voir avec les laines usitées par l' atelier qui travaillait avec Mr Leleu, père.
  • La brillance de la laine, la résistance de la laine, le filage de la pointe du brin de laine, etc ... toutes ces caractéristiques étaient de qualité bien supérieure dans l'atelier, Plasse-Lecaisne qui oeuvrait pour Mr Ruhlmann que dans l'atelier qui travaillait au rabais pour Mr Jules Leleu. Bien évidemment, pour une personne qui n'est pas sensible à la qualité d'une laine, cela n'aura aucune importance. Mais, pour une personne sensible, elle aura une grande importance.
  • Le tapis de Rij-Rousseau possède non seulement des caractéristiques techniques qui placent ce tapis au même niveau que ceux des meilleurs ateliers de son époque, tel l'atelier de Plasse-Lecasine, il possède une autre qualité: la sensibilité.
  • L'âme de la tisseuse (la noueuse) en l'occurence Rij-Rousseau est retranscrite dans le tapis. Et là, ce n'est plus une question seulement de qualité des matériaux, c'est une question 'amour, de capacité à oeuvrer pour se faire plaisir, pour faire plaisir, pour le don de soi.
  • Nous conseillons à ceux qui voudraient s'intéresser à la notion du tapis-oeuvre-d’art et retranscriptant une sensibilité de venir examiner cette oeuvre.
  • Un moment différent dans l'art du tapis en Occident au 20 ème siècle.
  • Ce tapis fut dessiné par Rij-Rousseau, et noué par elle même.
  • Il fut exposé à l'exposition des Arts Décoratifs de Paris, 1925, et obtint une médaille d'or.
  • Rij-Rousseau a conçu en premier lieu un carton. Ce carton, probablement une peinture à l'huile, elle l'a réalisé, certes en accord avec ses théories esthétiques de l'époque, le "Vibrisme". Toutefois, et pour des raisons qui seraient trop longues et hardues de développer ici, je pense pouvoir affirmer sans crainte de me tromper que, pour cette oeuvre, Rij-Rousseau a collaboré avec un autre peintre.
  • Cet autre peintre est très probablement Juan Gris qui, à l'époque où le carton a été réalisé, était son amant et avec lequel  elle partageait le même toit.
  • La touche picturale, la sensibilité des transitions entre les masses de couleur, les douceurs et la nature des ombres, l'éclatement libre des formes sont, quelque peu, différents du travail habituel de Rij-Rousseau.
  • L'esprit de cette "ville" éclatée ou plutôt ce que j'aurais personnellement appelé ce "centre de la ville", l'église, clocher, maisons du centre d'une ville, sont traités picturallement autant, voir plus dans l'optique du Rayonisme et du Cubisme dont Juan Gris était adepte que dans l'esprit de la théorie du Vibrisme inventée par Rij-Rousseau. Pour mieux comprendre mon propos, je conseille le lecteur de se rapporter à l'ouvrage "Juan Gris" de James Thrall Soby, Edité par The Museum of Modern Art, New York, en collaboration avec le Minneapolis Institute of Arts, le San Francisco Museum of Art, et le Los Angeles County Museum.
  • Si, comme je le pense, Juan Gris a participé à l'élaboration graphique de cette oeuvre, l'esprit de la couleur est totalement celui de Rij-Rousseau, et j'ajouterai "tant mieux". Rij-Rousseau est une coloriste hors pair. Elle ressent bien ce qu'apportent les couleurs, et leur saturation la ravit. Et, elle nous ravit aussi. La laine est brillante. Les bleux sont intenses, les pourpres explosent, les bleux rayonnent, les rouges et les jaunes irradient. On est à mille lieux des effets chromatiques des décorateurs de l'Art Déco où les tons doivent s'intégrer à un décor, à un environnement. Désolé de dire  cela, mais quand je vois la plupart du temps des tons de laine que je qualifierai de "cucuteux", là, les couleurs chantent. La conception de ce tapis n'est pas de s'intégrer dans un ensemble décoratif, mais d'être une oeuvre d'art visuelle à part entière, un tableau-textile.
  • Très étonnamment, le tapis n'est pas la pâle copie du tableau. Rij-Rousseau a fait de son tapis, un tapis dont les qualités en tant que tapis sont impressionantes. Elle n'a pas essayé de retranscrire en tapis un tableau déjà existant. Elle a retravaillé son oeuvre pour en faire un carton adapté à la technique du tapis. La différence est énorme.

     http://textiles.canalblog.com/archives/2008/11/28/11552075.html

     Posté par Berdj Achdjian à 20:11, 28.11.2008 

     Berdj Achdjian
     10, rue de Miromesnil, 75008 Paris
     tel 01 42 65 89 48 fax 01 42 65 61 30
     e-mail
achdjian@wanadoo.fr       http://www.achdjian.com

 

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