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Jeanne Caffier ou Rij Rousseau

Voici trois ans, chez un artisan de Savigny-sur-Braye, une vieille femme s'éteignait, à 86 ans. Parfois, on venait la voir, de Paris ou d'ailleurs; rarement : des initiés ... On lui parlait peinture, elle ne répondait pas; cubisme, elle semblait ne pas comprendre.

Ces rares souvenirs, je les ai glanés auprès d'un collectionneur érudit et raffiné, le docteur Jean Sutter qui, avec M. Guy Pogu exhume l'œuvre de Rij Rousseau, méconnue encore, même des spécialistes.

Une prochaine exposition, au château de Blois (Du 6 au 29 juin 1959), révélera le rôle très important qu'a joué, entre 1908 et 1930, dans l'éclosion de la peinture contemporaine, cette femme trépidante de vie, venue retrouver auprès de ses arrière-petits-neveux le calme de ses dernières années.

Jeanne -de son vrai prénom - était née, comme Maurice Denis, l'année ou flambaient les Tuileries, mais en Val-de-Loire et septième enfant de modestes cultivateurs. Gamine encore, elle quittait à tout jamais sa famille et entamait à Paris une vie d’aventures. C'était en 1884.

On  la retrouve, en 1890, à Montmartre  parmi les artistes : Henry, comte de Toulouse-Lautrec Maufra, y est installé depuis quatre ans; Suzanne Valadon et André Utter, Vuillard, Sérusier, Signac, K.-X. Roussel... C'est l'époque de Tristan Bernard, du Moulin de la Galette, des danseuses de café-concert, la Goulue, Marcelle Lender, Jane Avril... passionnant carrefour.

En 1895, Jeanne vient elle-même à la peinture; en 1908, elle travaille avec Braque chez Sérusier; elle exposera pour la première fois en 1910 et ne s'inquiétera de vendre qu'après 1925.

Il n'est pas question d'analyser ici les détails d'une biographie trop riche ni la carrière artistique d'une femme qui, au delà de ses unions et de ses amitiés, fit de ses recherches picturales l'axe essentiel de son existence; les carnets de Rij ne sont pas dépouillés ; ses toiles, ses gouaches, ses dessins, ses tapisseries, ses tapis ses peintures sur meubles ne sont pas dénombrés; au demeurant, un catalogue est sous presse.

Ses compositions étonneront, surtout chez une artiste du sexe féminin; toujours a base figurative, elles procèdent d'une théorie stricte sur la correspondance entre les ondes de la lumière, celles du mouvement et celles du son; pour vouloir traduire cette dynamique de la vie, elles apparaissent au premier examen comme désincarnées; ses couleurs, dures et puissantes, ont provoqué, en 1924, un incident au Salon des Tuileries.

Contemporaines des travaux cubistes de Juan Gris, d'Albert Gleize, de Fernand Léger, de Metzinger, d'André Lhote ... l'avenir, nous  l'espérons, les situera a leur juste place. Il appartient, en tout cas, au Loir-et-Cher, de restaurer dès à présent la mémoire et l'œuvre de Rij Rousseau, créatrice avec Suzanne Valadon, en 1920, du Salon des femmes peintres.

Huguette RINGUENET,  Conservateur des Musées de Blois.

Effort. Nr. 35. Juin 1959. P.22

Jeanne Caffier oder Rij Rousseau

 

Vor drei Jahren entschlief eine alte Frau im Haus eines Handwerkers in Savigny-sur-Braye. Sie war 86 Jahre alt und war hierher zu ihrer Großnichte gezogen, um ihre letzten Jahre in Ruhe zu verleben. Man kam um sie zu sehen aus Paris oder sonst woher; aber es geschah selten: es waren wohl Eingeweihte… Sie sprachen mit ihr über Malerei: sie antwortete nicht; über Kubismus: sie schien nicht zu verstehen.

Diese wenigen Erinnerungen habe ich bei Herrn Doktor Jean Sutter, einem hochgebildeten, anspruchsvollen Kunstsammler zusammengetragen. Herr Dr.Sutter –in gemeinsamer Arbeit mit Herrn Guy Pogu – zieht Rij Rousseaus Werk, das sogar unter Fachleuten noch unbekannt ist, aus der Vergangenheit hervor.

Eine geplante Ausstellung, die im Château de Blois vom 6. bis zum 29.Juni 1959 zu sehen ist, wird die bedeutende Rolle aufdecken, die diese so lebhafte Frau beim Aufbrechen der zeitgenössischen Malerei zwischen 1908 und 1930 gespielt hat.

Jeanne – es war ihr richtiger Vorname – kam zur Welt, wie auch Maurice Denis, im Jahr als die Tuileries brannten; sie war im Val de Loire als siebtes Kind einfacher Landwirte geboren. Noch nicht erwachsen verließ sie ihre Familie für immer und fing in Paris ein Abenteuerleben an. Es war 1884.

Wir begegnen ihr 1890 im Künstlermilieu des Montmartre wieder: Henry, Comte de Toulouse-Lautres Maufra lebt hier seit vier Jahren; Suzanne Valadon und André Utter, Vuillard, Sérusier, Signac, K-X Roussel etc… Es ist die Zeit der Tristan Bernard, des Moulin de la Galette, der Tänzerinnen im Café-Concert wie la Goulue, Marcelle Lender, Jane Avril… eine spannende Kreuzung von Schicksalen.

 

1895 kommt Jeanne selbst zur Malerei; 1908 arbeitet sie mit Braque bei Sérusier; 1910 stellt sie zum ersten Mal aus und wird sich erst nach 1925 um den Verkauf ihrer Kunst bemühen.

Es geht hier nicht darum, die Details einer – so reichen – Biographie zu analysieren; auch nicht die künstlerische Laufbahn dieser bemerkenswerten Frau zu schildern, die - über ihre Bekanntschaften und Freundschaften hinaus - ihre Forschungen im Bereich der Malerei zur wesentlichen Achse ihres Lebens machte. Ihre Notizbücher sind nicht erkundet; ihre Ölbilder, ihre Gouachen, ihre Zeichnungen, ihre Teppiche und Wandteppiche, ihre bemalten Möbel sind nicht gezählt; im übrigen wird ein Katalog gerade gedruckt.

Ihre Kompositionen werden überraschen, vor allem da sie das weibliche  Geschlecht vertritt: mit einem gegenständlichen Ansatz gehen sie von einer strikten Theorie aus – der Theorie über die Übereinstimmung von Lichtwellen, Bewegungs- und Schallwellen. Obwohl sie die Dynamik des Lebens ausdrücken wollen, erscheinen sie beim ersten Hinschauen als wirklichkeitsfremd; ihre harten und kraftvollen Farben haben 1924 im Salon des Tuileries für Aufsehen gesorgt.

Ihre Werke entstanden parallel zu den kubistischen Arbeiten von Juan Gris, Albert Gleize, Fernand Léger, Metzinger, André Lhote… Es ist zu hoffen, dass die Zukunft sie an ihren richtigen Platz einordnen wird. Auf jeden Fall fällt nun dem Département Loir-et-Cher  die Aufgabe zu, das Andenken und das Werk von Rij Rousseau, die mit Suzanne Valadon 1920 den „Salon des femmes peintres“ (Salon der Malerinnen) gründete, wachzurufen.

Huguette Ringuenet, Konservatorin der Museen von Blois.

Effort, Nr.35. Juni 1959. S.22

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